samedi 6 mars 2021

Le régime cétogène. Rester mince en luttant contre les maladies inflammatoires, de Virginie Saliceti Vartanian

  

Je connaissais ce régime dans les grandes lignes et je suis heureuse d’avoir eu l’opportunité d’avoir ce beau livre entre les mains. J’ai ainsi pu approfondir mes connaissances sur les principes de cette alimentation aux antipodes de nos habitudes. 


 

A peu près la moitié du livre est consacrée aux explications indispensables à une bonne compréhension de ce régime alimentaire : quelques notions d’histoire, les aliments à privilégier ou à proscrire, les bienfaits sur différentes pathologies, telles que l’épilepsie, le diabète de type 2, l’obésité… etc

L’autre moitié présente des recettes, de l’entrée au dessert, avec des idées d’alternatives comme pour le pain ou les pâtes à tarte. 


 

Le tout est présenté de manière claire, concise et magnifiquement illustrée. Les informations fournies sont parfaitement accessibles au grand public. C’est une bonne entrée en matière pour qui s’intéresse à ce régime, une introduction avant un approfondissement plus poussé pour ceux qui veulent se lancer dans ce mode d'alimentation.

Le régime cétogène implique de changer son métabolisme. Un basculement qui oblige le corps à puiser son énergie des lipides et non plus des glucides, comme c’est plus largement le cas.

Adopter ce régime c’est comme entrer en religion. Il faut alors abandonner ses anciennes croyances, ses anciennes habitudes et changer complètement sa manière de s’alimenter et faire face aux contraintes, pour améliorer sa santé.


 

Ce régime est présenté comme un mode d’alimentation qui se rapproche de celui de nos ancêtres…

Certes, nos ancêtres ne connaissaient pas le sucre et l’amidon, mais dans le régime cétogène quasiment tous les fruits sont à proscrire, ou à limiter très fortement, car trop riches en glucides. En effet, pour maintenir son métabolisme en état de cétose, il faut toujours faire très attention à la quantité de glucides ingérés.

Sans aller jusqu’à appliquer strictement ce régime, je suis d’accord pour dire qu’il faut lever le pied sur les glucides, sous toutes leurs formes. Ils représentent la plus grande part de notre alimentation, et nous voyons bien les répercussions que cela a sur la santé, avec de plus en plus de maladies inflammatoires.

 


 

jeudi 4 mars 2021

Le vallon des lucioles, de Isla Morley

 

Ce roman a attiré ma curiosité car il est basé sur des faits réels et concerne une maladie rare, la méthémoglobinémie, qui rend la peau bleue.

Comment une telle maladie, méconnue, peut-elle influencer la vie des gens qui en sont affectés, dans un coin perdu des Appalaches, dans les années 30 ?

Pour comprendre les terribles répercussions de cette anomalie génétique, il faut replacer les choses dans leur contexte. La vie d’une bonne partie des américains à cette époque était synonyme de labeur, de pauvreté et de misère. Tous les ingrédients étaient alors réunis pour exacerber la colère de certains et de prendre pour cible une minorité différente.

Quelques éléments agressifs s’en prennent à ces gens si différents, et le reste de la ville ferme les yeux. Peut-être sont-ils réellement la cause de leurs malheurs ? Cette peau bleue n’est-elle pas le signe d’une malédiction ?

La dimension humaine de ce récit fait réfléchir sur le comportement des communautés face à la différence, sur l’acceptation de son individualité, le regard de la haine ou de l’amour, ou encore sur le refus du conformisme.

La part de romantisme par contre, ne m’a pas spécialement touchée. C’est une belle histoire d’amour qui se déroule au fil des pages, certes, mais je l’ai trouvée dépourvue de profondeur. Je ne me suis pas attachée aux personnages. Je suis restée simple spectatrice sans réelle implication émotionnelle.

Cette lecture reste néanmoins intéressante et distrayante à défaut d’être passionnante !

Bonne lecture.

 

 Résumé de l'éditeur:

1937, Kentucky. Clay Havens et Ulys Massey, deux jeunes photographe et journaliste, sont envoyés dans le cadre du New Deal réaliser un reportage sur un coin reculé des Appalaches.

Dès leur arrivée, les habitants du village les mettent en garde sur une étrange famille qui vit au cœur de la forêt. Il n’en faut pas plus pour qu’ils partent à leur rencontre, dans l'espoir de trouver un sujet passionnant. Ce qu’ils découvrent va transformer à jamais la vie de Clay et stupéfier le pays entier. À travers l'objectif de son appareil, se dévoile une jeune femme splendide, Jubilee Buford, dont la peau teintée d’un bleu prononcé le fascine et le bouleverse.

Leur histoire sera émaillée de passion, de violence, de discorde dans une société américaine en proie au racisme et aux préjugés.

Inspiré par un fait réel, ce roman est une bouleversante histoire d'amour et un hymne à la différence.

 


 


lundi 15 février 2021

Et pourtant, elle tourne, de Maïté Laplume

 

 

« Et pourtant, elle tourne » est un récit en partie autobiographique. Court, mais puissant, bouleversant, plein de vie, de force et de courage.

Le personnage principal est une jeune fille, Latzari Luma. Fille ainée d’une fratrie de quatre, son père est chef d’escale chez Air France et sa mère, d’origine espagnole, est professeure de yoga.

Le travail de Bernard, le père, oblige cette petite famille à déménager tous les trois ans, les entrainant aux quatre coins du monde. Pas d’attaches, pas le temps de s’enraciner quelque part, et la nécessité de s’adapter très vite, quitter sans regrets, se laisser porter par le courant.

L’histoire commence en 1983. La famille débarque à Constantine, en Algérie. Latzari a 12 ans.

Cette adolescente pleine de vie nous confie des bouts de sa vie durant ses trois ans de passage en Algérie.

En lisant ce récit, on a très vite l’impression de se fondre dans un monde schizophrène. Une vie avec deux dimensions parallèles qui se côtoient. Laquelle est plus réelle ?  Laquelle doit rester secrète ? Comment continuer à avancer, à tracer son chemin ? Faut-il oublier ? Pardonner ?

Latzari et sa famille fait partie du petit monde des expatriés étrangers. Elle évolue dans cette bulle quasiment coupée des habitants du pays, avec très peu de vrais contacts finalement avec les algériens. Elle fréquente, avec son frère et ses sœurs, les écoles françaises, le Centre culturel français, elle a des amis français, profite de son adolescence en organisant des boums, fume en cachette.. etc

Les adultes font de même. Ils ont recréé un univers occidentalisé sur une terre musulmane, une terre qui tremble et se fissure, une terre qui se dirige tout droit vers une guerre civile. Mais la guerre, ce sera pour plus tard, la famille et tous les expatriés auront déserté les lieux depuis longtemps.

L’autre dimension de vie parallèle c’est la relation que Latzari entretient avec son père… ou plutôt que son père entretient vis-à-vis d’elle depuis qu’elle a trois ans. L’inceste.

Tout le roman est ponctué de scènes d’inceste qui s’égrainent par petites touches, depuis la toute première fois, jusqu’à l’adolescence de cette jeune fille. Là on entre dans la complexité de ce type de relations. Le secret, la domination, l’attirance malsaine et le sentiment de ne rien faire de mal, le chantage affectif… et puis de l’autre côté, le dégoût, l’incompréhension, la soumission, la volonté de ne pas décevoir et la sidération face à une situation anormale.

Peut-on comprendre ou expliquer ce qui se passe dans la tête des adultes incestueux ?  Je pense sincèrement qu’il y a quelque  chose de pourri dans leur cerveau. Ils sont irrécupérables.

La force de ce récit réside dans le courage de cette gamine qui refuse de se laisser aller, une gamine qui ose tenir tête à son paternel et décide de mordre la vie à pleine dents, d’inventer un avenir meilleur pour ne pas sombrer, même si la réalité de ce qu’elle a vécu est passée sous silence, pour ne pas faire de vagues, parce que la vie doit continuer. Une façon de nier sa souffrance. Et pourtant, elle tourne.

 


 

samedi 6 février 2021

1984, de George Orwell

 

 

Eric Arthur Blair, a écrit cette œuvre majeure alors qu’il était malade de la tuberculose, dont il décéda en 1950.

Ce roman, politique et visionnaire a été emprunt du contexte de l’époque, avec ses guerres et sa misère, mais aussi par l’état de santé de l’auteur, qui savait sans doute ses jours comptés.

C’est un récit sans espoir aucun.

Je l’ai lu il y a quelques années, mais étant donné notre contexte de vie actuel, je me suis dit qu’il serait utile de le relire afin de voir en quoi il était visionnaire comme tout le monde le dit, et de voir les points de similitudes avec ce que nous vivons.

Le héros de cette histoire est Winston Smith. Mais comme j’ai dit que c’était un roman sans espoir, notre héros finira en héros déchu.

Winston vit à Londres, qui fait partie de l’Océania. Le monde imaginé par Orwell est en effet divisé en trois super puissances qui se partagent tous les territoires de la planète et se livrent une guerre perpétuelle, sans gagnant et sans issue franche.

Ces trois puissances sont organisées sans doute sur le même modèle, mais le roman se concentre uniquement sur ce qui se passe dans l’Océania, où règne l’Angsoc , que l’on pourrait traduire par du socialisme anglais.

La vie dans cette société est tout simplement épouvantable. C’est la dictature ultime, celle qui a supplanté  toutes celles qui l’ont précédée à travers l’histoire de l’humanité et qui a trouvé le moyen de durer éternellement.

Tout est soigneusement expliqué et démontré à travers les pages de ce livre, et notre pauvre Winston suit le cheminement de cette compréhension en même temps que le lecteur.

Le cœur de cette dictature est le contrôle absolu sur les individus, principalement les membres du Parti, l’organe politique qui incarne cette aberration, symboliquement dirigé par le fameux Big Brother, personnage omniprésent et éternel lui aussi. La masse de la population, que l’on désigne par prolétaires, est laissée livrée à elle-même, dans le dur labeur et la misère du quotidien. Ignorants et indifférents, les prolétaires ne sont que très peu contrôlés.

Les membres du Parti sont donc impitoyablement contrôlés, à tout moment, nuit et jour, et partout. Il n’y a plus aucun confiance entre les individus, qu’ils soient collègues de travail, mari ou femme, ou même entre les parents et les enfants. N’importe qui peut être dénoncé à tout moment et emporté par la police de la pensée. Car le crime ultime, celui que tout le monde craint, c’est le crime de la pensée, c’est-à-dire la non-orthodoxie vis-à-vis du Parti.

Même si vous êtes capable de contrôler votre corps, vos gestes, les émotions sur votre visage, vous pensez pouvoir garder votre esprit libre, avoir vos propres opinions, et des sentiments dans votre cœur ? Eh bien non, même pas, car Ils finissent par vous coincer, car Ils savent tout. Si vous commettez le crime par la pensée, vous êtes condamnés, ce n’est qu’une question de temps.

Le modèle sociétal décrit par l’auteur est complètement fou. Tout est fait pour embrouiller l’esprit, faire perdre toute logique et tout processus sensé de pensée aux individus. Ils doivent accepter sincèrement, au plus profond de leur esprit et de leur cœur, des informations erronées, contradictoires, aberrantes.  Si une personne émet un avis contraire à ce qui est énoncé par le Parti, même sur les sujets les plus infimes, les plus anodins, elle est considérée comme criminelle.

Et puis il a le Novlangue, dont un chapitre entier est consacré à la fin du roman et qui vaut le détour.

Le Novlangue est la langue qui deviendra officielle dans l’Océania d’ici 2050, car c’est un travail long et minutieux à mettre en œuvre. Alors de quoi s’agit-il ?

Tout simplement une nouvelle langue, qui remplacera définitivement la langue actuelle. Une langue très appauvrie et simplifiée, car si les mots et le langage sont très limités, la pensée l’est aussi, et il n’y aura alors plus moyen ou alors difficilement, de commettre un crime par la pensée. Le contrôle du Parti sera  total, et l’homme définitivement soumis et écrasé.

Je l’avais dit, c’est un récit sans espoir, dont l’issue est de toute façon la mort, et la vie dépourvue de plaisirs, de joie de vivre, de bonheur. Tout n’est que souffrance, terreur, privations.

 


 

 

jeudi 14 janvier 2021

Le collier rouge, de Jean-Christophe Ruffin

 

 

L’histoire se passe après la première guerre, en août 1919, dans une petite ville du Berry.

Un juge militaire se présente à la prison afin d’auditionner l’unique prisonnier du lieu : Jacques Morlac.

Ce Morlac a apparemment commis un acte grave envers la Nation, alors qu’il était considéré jusque-là comme un héros, décoré de la Légion d’Honneur.

L’autre pièce importante dans cette affaire est un chien. Un grand chien en piteux état qui attend son maitre, Morlac, sur la place, en face de la prison. Il attend là, en aboyant nuit et jour, jusqu’à l’épuisement.

Et puis il y a Valentine, l’autre pièce importante dans le dénouement de cette histoire.

Le roman est très court, puisqu’il ne fait que 162 pages, mais il a une profondeur que je qualifierais de philosophique.

Au fil des pages s’installe un dialogue entre le juge et Morlac. Le premier tente de comprendre pourquoi le prisonnier a commis cet acte déshonorant, il semble vouloir sincèrement l’aider, pour en finir, tourner la page. Le second reste campé sur ses positions, il assume ce qu’il a fait et veut être condamné.

Et le chien dans tout ça ? Et Valentine ?

On comprend le pourquoi du comment bien plus tard dans le récit. Entre temps Morlac remonte le fil de ses souvenirs, et c’est là l’occasion pour le lecteur de prendre conscience de certains aspects de cette sale guerre, comme toutes les guerres du reste, et de tempérer son jugement, à l’image du juge militaire…

Le collier rouge est un roman sur la fidélité et l’amour, envers et contre tout, mais aussi sur la fraternité et le désir universel de paix. (Sauf pour les dirigeants belliqueux, qui eux n’ont pas à servir de chair à canon).

La plupart des jeunes hommes qui ont été envoyés à la guerre l’ont été contre leur gré, ne sachant même pas pour quoi ils devaient se battre, ni même s’ils en avaient envie.

Une génération a été sacrifiée, et les enfants nés pendant et juste après cette première guerre ont servi de chair à canon pour la deuxième guerre.

La géopolitique a la main mise sur le Monde, depuis toujours. Les peuples sont manipulés par les dirigeants qui leur insufflent quelques valeurs bien ancrées comme le patriotisme, l’amour de la Patrie et l’honneur. Ou bien, dans d’autres circonstances, agitent le spectre de la mort, de l’insécurité afin de les contrôler avec la peur. Et cela justifie toutes les décisions, toutes les mesures, même les plus absurdes.